Une fois arrivé aux portes de la citadelle, je pus me rendre compte qu'elles étaient étrangement peu surveillées. Je rentrais donc dans la ville, qui passait pour être imprenable, et me dirigeais tout droit vers le palais. Mais le nouveau propriétaire du trône qui fut jadis celui de ma famille n'était pas complètement idiot : Par maints procédés de torture il avait réussi à arracher de la bouche des villageois le nom de l'unique personne qui avait réussi à passer entre les mailles de son filet : Moi, Galathorn fils de Nathgord, héritier direct du trône d'Altaïs. Il avait alors préparé une embuscade dans laquelle, aveuglé par le désir de retrouver les miens, je me suis jeté tête baissée, comme un débutant. Une fois pris au piège de la nasse que formait la légion postée ici pour m'attendre, mon destin fut scellé. On me mit au cachot avec tous les villageois et pour me faire avouer je ne sais quelles ignominies, on me fit battre et torturer. Cela dura environ trente jours. Au bout d'un mois, la douleur était si intense que je fis exploser ma rage, et dans un effort qui me sembla surnaturel, je brisai mes chaînes et enfonçais la porte de ma cellule. Une fois sorti de celle-ci, tuer l'unique gardien de nuit ne fut pas difficile, pas plus que de retrouver mes armes et mon ph½nix, enfermés dans un débarras juste a coté. Une fois mes fidèles dagues dans les mains, je partis en courant vers le palais, où je projetais de tuer le Baron de Moörkher. Pris dans un élan de folie, je ne me rendis même pas compte que sur toute la distance qui me séparait de l'entrée de la demeure royale je fis couler le sang, dans le feu de ma rage, de toute personne croisant mon chemin : soldats ou badauds, bourgeois ou clochards, hommes ou femmes, vieillards ou enfants... Ce que je fis cette nuit fut impardonnable...
